Grand Raid des Pyrénées 2019 - Tour des Lacs

2019
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Grand Raid des Pyrénées 2019 - Tour des Lacs

Publié il y a 2 mois par

Grand Raid des Pyrénées 2019 - Tour des Lacs

Rendez-vous était pris pour le dernier volet pyrénéen de cette année le week-end des 23, 24 et 25 Août, pour l’objectif final le 80 km du GRP (également appelé le Tour des Lacs / 5 000 m D+).

Les copains ont répondu présents et c’est au nombre de 6 (Antoine, Mickaël, Vincent Bachelier, René, Maxime et moi-même) que nous avons pris le départ à 5 h ce samedi matin (sans oublier Maryse et Boris forfaits de dernière minute). Je n’oublie pas les copains du 42 km  & 2 500 m D+ (Véro, Stéphane et Vincent) qui ont couru la veille et finishers et Romain engagé ce même jour sur le Tour de la Géla (42 km & 3 000 m D +, également finisher). 

Mention spéciale à Vincent HERVE qui termine le 120 km en 21ème position. Respect.

L’ambiance est joviale au départ et après les photos souvenirs nous arrivons dans le sas à 4 h 58 en dernière position !!!

Nous entamons la première montée de 16 km et 1 500 m D+ pour rallier le 1er ravito (Merlans). Tout se déroule sans encombre dans la bonne humeur. 

Nous repartons gonflés à bloc pour la montée jusqu’au Col de Bastanet (5,5 Km et 500 D+). Le soleil se lève sur les lacs et les paysages sont magnifiques. Le peloton est toujours très dense et nous montons en file indienne.

Puis c’est la première descente dans des gros blocs rocheux. Les lacs s’enchaînent et nous passons devant le très joli refuge de Campana.

C’est ensuite que les choses sérieuses commencent au 28ème km. En effet une petite montée de 2 km et 400 m D+ (anecdotique sur le profil) commence à mettre mon organisme à contribution.

Les écarts avec les copains commencent à s’agrandir. Une dernière descente bien raide sur une piste de ski me rappelle que la journée va être longue et compliquée. Arrivée au ravito de La Mongie (31ème km). La chaleur est bien présente Je retrouve Delphine  et les autres accompagnateurs (Marion et Maryse). Je commence à avoir du mal à m'alimenter et me pose des questions sur la suite. Maxime s'arrête là et nous repartons donc à 5.

Les supporters nieulais (Vincent, Cathy, Véro et Stéphane) sont présents à la sortie du ravito pour nous booster et nous nous donnons rendez-vous au sommet du pic du midi qu'ils atteindront avec le téléphérique (les veinards). Mickaël prend les devants et commence à creuser l'écart. Je reconnais les pistes de ski que j'ai empruntées avec mes filles et Delphine les années précédentes et me dis que cela est plus facile dans l'autre sens !!!

Les kilos n'avancent pas vite. J'arrive enfin au col de Sencours (altitude 2378 mètres). Nous sommes écrasés par le pic de midi qui nous surplombe. Je ne peux rien avaler. Je m'allonge un peu et j'essaie de boire. Tout est compliqué. René et son expérience nous indique qu'il est temps de repartir. Cet instant du parcours est dur moralement car pendant toute la montée on croise ceux qui ont déjà gravi le pic du du midi et qui redescendent (notamment Mickaël qui a une ½ heure d'avance sur nous).

Enfin la délivrance. Je retrouve Delphine et les supporters de NieulAirpur sur la terrasse du Pic du Midi.

J'essaie de m'alimenter mais je n'ai envie de rien. J'avale quelques olives. Nous repartons, toujours sur les conseils de René, en vieux briscard, qui nous presse,  pour une descente de 10 km et 1500 m D-.

50 mètres, après le début de la descente, mes problèmes s'accentuent et je vomis le peu que j'ai avalé au sommet. Je suis anéanti. On est au 40ème km...

Curieusement cela me libère et j'entame la descente. Je me sens bien. On repasse au col du Sencours. Petite pause pour s'hydrater. Rien à faire. Je n'arrive pas à manger. Pas de trace de René.  En fait il nous attend à l'abri du vent 50 mètres plus bas. Je vais mieux. J'attaque la descente en tête suivi d'Antoine qui joue son rôle de « Saint Bernard » à merveille et un peu plus loin de Vincent et son garde du corps René.

Nous descendons à vive allure (10 km/heure)....La fatigue se fait sentir et je me tords la cheville. Contraint et forcé je marche pour récupérer. Vincent et René nous rattrapent et nous terminons la descente à 4. Plus nous perdons de l'altitude  et plus la chaleur est écrasante. Arrivée à Tournaboup. Gros ravitaillement au 50ème km.

Je badge et ressors aussitôt du tivoli (grosse fatigue et chaleur) pour aller m'allonger à l'ombre et dans l'herbe.

Delphine est là avec Maryse et Marion. Mickaël vient de repartir. Delphine me force à mettre des vêtements secs.  Même changer de maillot est une épreuve. Une bénévole m'apporte une soupe et des pâtes. Je picore mais rien ne passe. Je gamberge. Que faire ? Si je repars, plus d’échappatoire, je dois tenir 30 km jusqu'à l'arrivée !!!

L'abandon serait tellement simple. Delphine est là avec la voiture pour me ramener. Mais je devine aussi qu'elle aimerait tellement que je termine pour tirer un trait sur ce fichu accident de 2016 qui nous a gâché la vie.

Vincent décide de repartir. Antoine me houspille et m'indique que si je ne m'alimente pas il est hors de question que je reparte. Je trempe mes lèvres dans mon bol de soupe à la tomate. J'essaie de repartir mais je me rassoie. Je suis trop fatigué. René part rejoindre Vincent pour l'accompagner. Antoine me demande d'aller voir un médecin pour faire un check-up. Mais non c'est impossible. Pas après tous les entraînements et les sacrifices que j'ai fait endurer à mes proches.

Je repars donc même si je pense que c'est de l'inconscience. J'embrasse Delphine et je lui donne rendez-vous à l'arrivée.

Antoine donne le tempo. Même si le rythme est lent, je m'accroche et je monte régulièrement (environ 3km/heure) sans m'arrêter. Nous rejoignons Vincent. Pas de trace de René. Vincent qui réalise aussi son premier ultra lui a redonné sa « liberté » et lui a demandé de partir seul.

Il s'accroche et nous arrivons au ravito d'Aigues Cluses tous les 3. Le soleil se couche et nous serons bientôt dans la nuit. A cet endroit, nous retrouvons les concurrents du 120 et du 220 km ou plutôt des zombis pour certain.

Nous attaquons le dernier raidillon pour atteindre la Hourquette Nère (59 Km – 2465 m d'altitude). Nous avons lâché Vincent. 

Le paysage est magique. Les couleurs du soleil couchant sont formidables sur les massifs. Nous attaquons la descente dans la nuit avec la frontale. C'est plutôt grisant. Nous doublons des colonnes de concurrents moins en jambe que moi.

A cet instant, je sais que je vais aller au bout. Nous marchons d'un bon pas car même si j'ai envie de courir, mon estomac m'en empêche.

C'est l'arrivée au Merlans (66 Km), où nous sommes passés de bonne heure ce matin. Il est 23 h 25. Antoine me demande de manger un peu. Là encore, je me force. Mais les odeurs de « bouffe » mélangées à celles des coureurs me donnent la nausée. Je ressors en courant du ravito.

Cela nous arrange et nous repartons rapidement (bien couvert car le froid commence à se faire sentir) pour la dernière montée de 2 km. Nous passons le Col de Portet et entamons la descente de 12 km et 1400 m D-.

Le chemin est roulant. Je trottine. Mais mon estomac et mon œsophage ne supportent plus les efforts alors que mes cuisses répondent présentes. Je me résigne à marcher.

75ème km. Je sais que je vais finir. Mais les kilomètres ne défilent pas. Une certaine lassitude s'installe. C'est long, dans le noir, plus de paysages à observer, que les lumières dans le fond de la vallée qui au fil des minutes ne s'approchent jamais. Heureusement Antoine est là pour m'encourager et me motiver. Il aura tenu sa promesse de m'accompagner jusqu'au bout.

Nous arrivons donc enfin, ensemble, après 21h et 16 minutes (2 h 16 le dimanche). Delphine est là sur la ligne d'arrivée, après nous avoir accompagné à 5 h 00 du matin précédent pour le départ. Les émotions s'entrechoquent. Je ne sais pas si je dois pleurer ou sourire. Je ne réalise pas encore. J'ai réussi.

René , mon idole est également là. Il a rattrapé Mickaël sur la fin du parcours et ont fini ensemble.Il est arrivé depuis plus d'une heure. Il a eu le temps d'aller se doucher au camping et de revenir nous accueillir. 

Nous demandons des nouvelles de Vincent. Il lui reste entre 6 et 8 km. On s'inquiète pour lui pour savoir comment il va rentrer au camping. Mais là encore René, très classe, nous indique qu'il va l'attendre pour le ramener à bon port. René attendra Vincent encore 2 heures après notre arrivée pour le rapatrier. Tout l'esprit du trail et de la camaraderie sont résumés dans cette dernière phrase.

Voilà j'en ai fini. Je tiens à remercier ma femme pour sa patience et son implication dans le suivi de la course ainsi que mes filles qui m'ont toujours soutenu dans cet énorme défi.

Mention particulière à Antoine qui n'a jamais failli à sa mission de « Saint Bernard » tel qu'il s'y était engagé depuis le mois de Janvier, sans oublier mon idole René, qui avec son expérience et sa bonne humeur m'ont fait me surpasser.

Je remercie également mes copains qui m'ont accompagné tout le long de la course, ainsi que les supporters de NieulAirpur grâce à qui j'ai passé un superbe week-end de sport mais aussi de convivialité et de partage.


toute l'association

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Commentaires

Par

Bravo à vous tous. 

05

sept. 2019
Céline Norguet

Par Céline Norguet

Félicitations à tous!

Merci de nous faire partager cette belle course et ces émotions à travers ce beau récit !!!

A bientôt 

Céline 

02

sept. 2019
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